Au verre

La cave

On dit « vin nature » et le mot agace autant qu'il rassure. Chez nous, ça veut dire trois choses, pas plus.

D'abord, des vignerons qui travaillent la vigne sans intrants chimiques — bio, biodynamie ou rien, mais sans chimie. Ensuite, des vinifications en levures indigènes : on laisse les levures du raisin et de la cave faire le travail, pas un sachet commandé. Enfin, du soufre au minimum — parfois pas du tout, parfois quelques milligrammes pour stabiliser. Le vin reste vivant en bouteille. Il évolue, il bouge, il surprend.

J'ai roulé vingt-cinq pays en un an pendant le Master OIV, dormi chez des vignerons en Californie et en Géorgie, traversé la France domaine par domaine pendant sept ans. Sur les quatre cents références de la cave, j'en ai visité presque toutes. Je sais qui taille en gobelet et qui ouille deux fois par mois. C'est pour ça que je peux vous mettre une bouteille dans les mains sans hésiter, même si elle ne ressemble à rien de ce que vous connaissez.

— Marine
Cartographie

Cinq régions, quelques détours

La cave penche au Sud, naturellement. On remonte la Loire et le Rhône, on file en Beaujolais, on s'autorise des frontières.

01

Provence

Notre terrain. Bandol, Côtes de Provence, Bellet, Pic Saint-Loup quand on déborde. Tibouren, mourvèdre, rolle. Des vignerons qui défendent la fraîcheur sur des terroirs réputés solaires.

02

Languedoc

Faugères, Corbières, Roussillon. Les schistes, le calcaire, le grenache mûr mais nerveux. Une école de vignerons qui a tout réinventé en vingt ans.

03

Rhône sud

Cairanne, Vinsobres, Saint-Cécile. Un Rhône moins viril, plus précis. La grenache qu'on aime, fraîche et croquante.

04

Loire

Anjou, Saumur-Champigny, Jasnières. Chenin et cabernet franc, l'épine dorsale acide de la cave.

05

Beaujolais

Fleurie, Morgon, Côte de Brouilly. Le gamay des coteaux granitiques. Notre soupape de fraîcheur l'été.

06

Quelques détours

On garde des bouteilles du Frioul (Radikon), d'Autriche (Kollektiv Peternell, par Paul), de Géorgie. Pour ceux qui veulent sortir des sentiers.

Curation

Cinq maisons que l'on défend toute l'année

01

Clos CibonneCôtes de Provence — Le Pradet

Tibouren centenaire au Pradet, certifié bio depuis 2020. La maison qui prouve que la Provence sait faire des rouges de garde, légers et marins. Notre signature au verre.

02

Domaine Léon BarralFaugères — Languedoc

Didier Barral, biodynamie depuis 1993. Schistes, chevaux dans la vigne, troupeau qui pâture entre les rangs. Les rouges les plus précis du Languedoc.

03

Mas de LibianCôtes du Rhône sud

Hélène Thibon, trois sœurs aux commandes. Biodynamie radicale, charrue tirée par Néron le cheval. Un Rhône féminin, droit, salin.

04

Domaine TempierBandol

La maison Peyraud, mythique depuis Lulu. Mourvèdre, bonsaï de finesse sous le soleil. La preuve qu'à Bandol on peut faire grand sans en faire trop.

05

La SorgaLanguedoc — Antony Tortul

Antony Tortul, négoce nature, deux cents cuvées par an, jamais la même approche. Notre signal envoyé aux geeks qui veulent qu'on les surprenne.

Lexique

Huit mots pour s'y retrouver

Marine vous expliquera tout au comptoir si vous le demandez. En attendant :

01
BiodynamieAgriculture vivante, sans chimie, calendrier lunaire. Certifications Demeter ou Biodyvin.
02
Levures indigènesCelles du raisin et de la cave. Aucune levure industrielle ajoutée.
03
Soufre raisonnéDosé au minimum, voire zéro. Parfois moins de 30 mg/L sur les blancs.
04
Vinification intégraleFermentation et élevage dans le même contenant, souvent une barrique.
05
Élevage en amphoreTerre cuite (qvevri géorgien, amphore italienne). Micro-oxygénation douce.
06
Cuve bétonBrut ou œuf. Neutre en goût, oxygène lentement le vin.
07
Macération pelliculaireJus en contact prolongé avec les peaux. C'est ce qui fait les blancs orange.
08
OuillageRecompléter la barrique régulièrement pour qu'il n'y ait jamais d'air au-dessus du vin.
À emporter

Une bouteille au comptoir, une autre à emporter ?

On vend aussi à la cave, du mardi au samedi. Marine est là pour vous orienter.