Marine & Elsa
Deux sœurs, originaires de Toulon. Marine au vin, Elsa en cuisine. Et Jeanne, leur mère, qui leur a tout appris du goût.
Sept ans de banque, puis le vin
Marine a fait sept ans de finance de marché à Paris avant de tout reposer. Le déclic est arrivé en 2013, à la mort de notre mère. Elle s'est inscrite au WSET, puis au Master OIV — l'Organisation internationale de la vigne et du vin — et a roulé vingt-cinq pays en un an pour rencontrer les vignerons un par un.
En 2015, vendanges chez DeLoach en Californie, biodynamie. En 2016, six mois chez Divvino à Paris pour apprendre le service. Puis retour Sud, ouverture Jeanne en 2017.
En 2022, Gault Millau lui décerne le Prix Jeune Talent Accueil PACA. Elle continue de partir chaque année visiter les vignerons qu'elle référence — c'est cette curation qui fait la cave.
Au comptoir, elle vous lit en quinze secondes. Si vous dites « je préfère le rouge léger », elle ne vous sortira pas un Châteauneuf. Elle posera un Beaujolais d'Anne-Sophie Dubois sur la table et vous regardera goûter.
« Les vins qui m'ont émue ont toujours été ceux qui étaient les plus vivants. »
La mode, puis le piano
Elsa a fait un Master marketing du luxe, puis vendu de la haute couture à Paris. Elle a appris à cuisiner en cuisinant — pas d'école, pas de stage étoilé, juste l'envie de servir ce qu'elle aimait manger.
Sa cuisine vient de plusieurs endroits à la fois. La France que notre mère faisait à la maison. La créole de la Réunion, où notre famille a vécu longtemps. Le chinois que la communauté chinoise de l'île a transmis aux nôtres : wonton, kimchi, sauces fermentées. Elle dresse petit pour que vous puissiez goûter trois ou quatre choses dans la soirée.
Son compagnon Paul Schuster, chef et vigneron autrichien, passe en résidence toutes les trois semaines. La carte bouge, l'ardoise se réécrit. Elsa préfère ça à la routine.
Jeanne
Jeanne, c'est notre mère. Elle est partie en 2013.
Elle cuisinait tous les jours, avec ce qu'il y avait. Rien de spectaculaire — juste juste. Quand on a ouvert ici en 2017, on a pris son prénom parce qu'on voulait qu'elle reste là, à table, entre Marine et Elsa.
C'est aussi simple que ça. On n'en parle pas plus en salle, mais c'est de ça qu'il s'agit.
« Cinq ans que je passe la porte au moins une fois par mois. On vient pour Marine, pour Elsa, pour le verre qu'elles te tendent sans demander. Et pour Jeanne, dont je n'oublie jamais le sourire — celui qu'elles ont gardé toutes les deux. »
— Antoine, libraire rue Aubernon, octobre 2025
Voir Marine au comptoir
Du mardi au samedi à partir de 18 h 30. Et vendredi-samedi midi pour les déjeuners.